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Guewenheim, des origines à nos jours PDF Imprimer Envoyer

 

Des Alamans aux Mérovingiens puis aux Carolingiens
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De l’époque romaine, on retiendra les traces d’une voie romaine secondaire qui allait de Neuf-Brisach à Mandeure en passant par Guewenheim.
Un sarcophage qui daterait du 7 ou 8ème siècle a été découvert à l’Est du village en 1953. Il est déposé au Musée du Patrimoine à Masevaux.
Après la mort de Charlemagne en 814, c’est l’empereur Louis le Pieux qui succède à son père. Sous son règne, en 823, apparaissent les premières traces écrites de Guewenheim (Göwenheim) dans une charte qui mentionne l’abbaye de Masevaux et énumère aussi toutes les possessions de Masevaux englobant tous les villages de la vallée de la Doller, depuis la cime du Gratzen (Gresson) jusqu’à Guewenheim, chef-lieu de la basse vallée.
L’abbaye de Masevaux est un chapitre de Dames Nobles dont la communauté était composée de chanoinesses faisant partie de l’élite de la noblesse alsacienne.
Mais cette charte, attribuée à Louis le Pieux, serait un faux diplôme ou une copie fabriquée au XIIème siècle.

Le Saint Empire Romain Germanique

Après la tripartition de l’empire de Charlemagne et la signature du traité de Mersen en 870, l’Alsace est rattachée à la Francie Orientale (ancêtre de l’Allemagne). Après la dislocation du royaume, l’Alsace fera partie du duché d’Alémanie, puis sera incluse par Othon le Grand au Saint Empire Romain Germanique en 962. Même si l’Alsace relève de l’Empire, elle est régie selon le système féodal par des seigneurs très autonomes, comme les Habsbourg.
Durant huit siècles, le sort de Guewenheim et de l’ensemble de l’Alsace est indissociable du monde Alamans.
C’est durant cette période que le nom du village changera en Guowenheim (1236), Gowinhaim (1241), Guewenheim (1347), Geuwne (1569) et Gübenheim (1672).
D’après l’abbé François-Joseph Peter, Guewenheim tire son nom du chef Gebwin, qui était à la tête des colons fondant ce village (Gebwin veut dire Freigebiger Freund, ami généreux).
D’après Bruno Stehle, c’était la patrie des Gowin (dans le bulletin communal de 2000, Jean-Georges Uhlrich évoque Gawo, chef alaman d’une communauté d’agriculteurs installée en 582 à Gawoheim).
Durant la guerre de Cent Ans, l’église est dévastée à deux reprises, par les Anglais en 1376, puis par les Armagnacs, malgré l’existence d’un cimetière fortifié.
Dans un registre officiel de 1579, Guewenheim est désigné comme lieu d’un plaid, une cour de justice locale où l’on plaide son droit, et où l’on demande réparation contre un tiers, sous l’égide d’un comte ou d’un seigneur. La cours colongère qui y siège, juge au nom des Abbesses pour toutes les dépendances de l’abbaye.

La Guerre de Trente Ans jusqu’en 1870

Durant cette guerre (1618-1648), le village est complètement détruit. Aux massacres, s’ajoutent les famines et les épidémies de peste. Les villageois avaient fui dans le fond de la vallée et plus spécialement à Sewen. La tradition rapporte qu’il ne restait du village qu’une seule maison.
Guewenheim est rattaché de force à la France de Louis XIV suite au traité de Westphalie qui met fin à l’appartenance de l’Alsace au Saint Empire Romain Germanique.
A partir de 1679, de nombreux émigrants suisses viennent repeupler le village dont le nombre de famille passe à 25. Pendant ces périodes de guerre et de troubles, les colongers se libèrent peu à peu du joug de la seigneurie. Certains d’entre eux deviennent les propriétaires des terres qu’ils cultivent.
En 1751, on dénombre 68 foyers constitués en majorité de laboureurs et journaliers. Pendant la Révolution, Guewenheim est rattaché au canton de Thann et en 1828, l’église est reconstruite, sauf le clocher (reconstruit en 1765 dont la flèche sera rajouté en 1876).
Lors des élections municipales de 1790, le sieur Joseph Karrer a été proclamé maire de Geiwenheim.
En 1851, on dénombre 943 habitants (934 catholiques, 5 réformistes et 4 anabaptistes) et Guewenheim est le siège d’une perception des contributions directes. Baquol mentionne une usine de tissage de coton en 1851 (alors que la filature Bian ne démarrera qu’en 1860), une tuilerie (Sifferlen) et une machine à broyer le chanvre. Louis Bian, industriel à Sentheim, construit sur l’emplacement de l’ancien moulin, une usine de 120 mètres de long, abritant de petits ateliers de tissage. Cette usine travaille pour les industries de Thann et Mulhouse.
De nombreux ateliers textiles artisanaux (Bütik) occupent les gens du village. C’est souvent un revenu d’appoint pendant les temps morts de l’agriculture. Au Nord du village, se trouve le moulin, également doté d’une machine à broyer le chanvre, appelé Schuellermühle (actuellement Grund), du nom de son propriétaire Schueller qui l’a construit en 1841.
De 1864 à 1869, la ligne de chemin de fer est prolongée de Cernay à Guewenheim, dont la gare est inaugurée en 1869. Le prolongement de la ligne atteint Masevaux en 1884 et Sewen en 1901. La ligne est déclassée en 1973 et ne conserve, à l’heure actuelle, plus qu’un tronçon allant de Cernay à Sentheim où circule le train touristique de la Doller.
De 1801 à 1871, la population passe de 632 à 1022 habitants, une augmentation liée à l’essor de l’entreprise Bian.

Guewenheim de 1870 à 1945

L’Alsace passe sous domination allemande en 1871 suite à la défaite de Napoléon III face aux Prussiens. Le village prospère durant cette période et retrouve son patronyme Gewenheim (Geiwene) en alsacien.
Dès le début de la guerre 1914-1918, le 7 août 1914, les Français entrent dans le village et ne le quitteront plus. Mais la proximité du village avec le front, qui se situe au pont d’Aspach, l’expose trop aux représailles allemandes. En 1916, l’Administration militaire déplace 102 enfants de Guewenheim à Montbrison dans la Loire et plus de 80 ménages fuient vers le fond de la vallée. La Grande Guerre fait 16 victimes militaires et 11 civiles. La commune est décorée de la Croix de Guerre en 1922, décoration qui orne la salle du conseil municipal.
En 1918, le village reprend le nom de Guewenheim.
La découverte de la potasse en 1904, entre autre, l’industriel Joseph Vogt de Niederbruck, bouleverse les habitudes de la population active locale. La fabrique Bian emploie de plus en plus de main d’œuvre féminine et de nombreux hommes partent pour les mines de potasse.
Survient le conflit mondial 1939-1945, durant lequel Guewenheim (dénomination allemande Gewenheim) paie un lourd tribut : nombreux sont les hommes et les femmes (Malgré-nous et Malgré-elles) qui seront incorporés de force dans l’armée allemande. Le village déplore 26 victimes militaires qui périssent notamment sur le front Est. Trois sont morts dans le camp de détention de Tambov-Kirsanov en Russie où d'autres Guewenheimois étaient détenus.
De nombreux soldats français et allemands, dont plusieurs dizaines de volontaires du 1er Régiment des Volontaires de l’Yonne sont tués.
Le village est libéré le 29 novembre 1944 par le 5ème RTM (Régiment des Tirailleurs Marocains), relevé le 2 décembre par le 1er RVY (Régiment des Volontaires de l’Yonne) sous les ordres du commandant Charpy. Ce commandant décèdera le 7 décembre 1944, lors de l’attaque de Michelbach, qui fera 23 tués et 60 blessés. Un monument à la mémoire des combattants du 1er RVY sera érigé en 1952 au carrefour des routes de Guewenheim, Michelbach et Roderen.

L’après-Guerre à nos jours

L’économie locale ne profite pas spécialement des « trente glorieuses », cette période de prospérité d’après-guerre. Le textile subit la concurrence mondiale et toutes les usines ferment leurs portes dans la vallée. Il en est de même à Guewenheim où la filature de cardé (l’usine textile Bian a été reprise par Félix Facques de Sentheim), ferme ses portes en 1965. C’est l’ancien forgeron local, Charles Munch, qui l’acquiert et qui ouvre, en 1966, une usine de construction métallique, la S.A MUNCH et compagnie.
Dans les années 60, les mines de potasse et les automobiles Peugeot à Mulhouse et Sochaux constituent les principaux employeurs de la main d’œuvre locale.
Le village, à cette époque, comprenait 6 débits de boissons et de nombreux artisans (Menuisier, Cordonnier etc …)
Si Guewenheim comptait près de 10 grosses exploitations agricoles après la guerre, cette catégorie professionnelle se réduit maintenant à quelques unités.
Dans les années 70, le village compte 750 habitants. Un premier lotissement est réalisé (Lotissement Grosse Pierre), puis un deuxième (lotissement A l’Orée du Bois). Fin 2011, le village compte 1327 habitants.
Attachée au canton de Thann, la commune fait partie de la communauté des communes de la vallée de la Doller et du Soulzbach.

 

Curiosités :

- Lavoir communal

- Eglise paroissiale et cimetière anciennement fortifié

- Chapelle Notre Dame des Bouleaux

- Monument Paillard

- Calvaires, grotte de Lourdes

- Dalle commémorative de Jean-Jacob Hattié, rue de Thann

- Fermes des 18 et 19ème siècles, rues Principale, Saint-Maurice et de l’Usine

- Maisons d’ouvriers du 19ème siècle, rue Principale et Mgr Perros.


Texte : Daniel WILLME


Patrimoine Doller, bulletin de la société d’histoire de la vallée de Masevaux, renferme plusieurs articles consacrés à Guewenheim sous la plume des historiens locaux, Clarisse et Ralph Graff, Louis Uhlrich (natif de Guewenheim, ancien conseiller général du canton de Masevaux, président-fondateur de la société d’histoire) et Daniel Willmé.

Sources :

- Historique de Guewenheim, A. Lévêque, 1977-1989

- Contribution Jean-Georges Uhlrich

- Masonis Vallis, de François-Joseph Peter

- Orts-, Fluhr-und Waldnamen, de Bruno Stehle, 1886

- Dictionnaire du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, Jacques Baquol, 1851

- Dictionnaire topographique du Haut-Rhin, Georges Stoffel, 1868

- Commission Communication de Guewenheim